poésie de poèmes illustrés

Apparition/Disparition

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Poésie illustrée, textes d' Alain Meyer-Abbatucci, peintures de Carlotta Irma Preo.  Symbiose de l'art et de l'amour, où la révolte et le désir se fondent dans l’alchimie du verbe. 

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Du déjà dit, il y'a toujours à en redire !

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Le jugement dernier

Poète, qu'es-tu devenu?

Regarde, ici, là

Le vent, l'inconnu

Précieusement romantique,

Bouffon des puissants,

Ta plume mélancolique,

Trempée dans le sang

Des martyrs et des amants

Témoigne aux quatre vents

Tes louanges, pauvre innocent!

-

Demain, prisonnier de l'image

Tu ne seras plus ce sage,

Qui, jadis en partage

Dans l'humaine aventure

Dévoilait les présages

De notre profonde nature.

-

Tes vers illusoires,

Le destin de l'histoire

Tous ceux la qui t'invitent à la misère

Prends peur et aies confiance,

Ta présence, ton errance

Est comme une brise légère et éphémère

Comme le dernier survol de l'oiseau blessé.

_

Poète, dans ta cage dorée,

Tu ne sais plus chanter,

Même si dans cet harmonieux décor

Résonne encore l'éloquence sonore

De tes  derniers accords brisés.

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Réincarnation

Des siècles passés,

Un visage apparaît,

Des tréfonds de la mémoire,

Resurgit dans l'histoire.

Sur le rivage de l'éternité,

Possède le regard conquérant

De l'amour et la mort renaissants

Des cendres du présent.

Éclairant de sa présence diurne,

Les crimes anciens,

Les meurtres de demain,

A nos esprits taciturnes,

La renaissance de Dieu dans le siécle des urnes!

 

Rhume d'amour

C'est au fond de l'abime que l'on découvre peut être l'amour sublime,
Et, cette souffrance que l'on porte en soi et qu'il nous faut exorciser,
Notre regard sur ses yeux, notre bouche qui s'entrouve sur un son muet,
On voudrait crier face à ce qui se dérobe mais l'écho n'a plus de rimes.

L'être aimé est devenu sourd, au loin, la cascade bruissante du quotidien,
Affluent fiévreux, on se consume dans la cendre froide de nos souvenirs,
Et, tous ces gestes qui s'envolent, comme la caresse du café d'un matin,
Même si l'espoir porte son défunt, on croit encore que passion va revenir.

Seul, nous nous retrouvons, saisir enfin toute la portée de l'amour vrai,
Cette distance qui nous ressemble et qui aujourd'hui perd tout son sens,
Pauvre de nous mais riche en soi, de poèmes en poèmes, allons chanter!
Nos plumes, à l'encre de nos larmes toucheront du doigt notre existence.

Si ma poésie était un grand drap de soie, je t'envelopperais toute entière et tu serais à moi,

le temps d'une nuit

Si tes yeux devenaient les miens, alors dans ce miroir nos verrions que nos désirs ne sont point aveugle,

le temps d'une passion.

Si ton souffle respirait mon âme, c’est en murmures languissants que nous caresserions le plaisir,

le temps d’un baiser

 

poème la disparition

sous les coups de butoir des poètes pressés par leur histoire.

Étale tes idées comme de la peinture, la plume au vent, dessine les mots illustrés, parle-leur, ils s'harmoniseront sous la poussée conjuguée de tes doigts.

Montre-toi dans les lignes, casse, coupe, effiloche le fil de soie detes pensées, petit à petit et à petits carreaux, construis les vitraux  de ton incorporation, puis recouvre la d'un buvard et tâche de t'évaporer.......................................................................................................................

....Vite, vite, avant que l'encre noire de tes idées ne vienne éclabousser le respect des morts, ne te retourne pas devant les statues de sel de la connaissance, éponge et nettoie le tableau par l'incandescence du mot, ABSENCE


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Destinée

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La tête penchée sur une culpabilisation prononcée,

Nous allons souffrir, nous allons vieillir, nous allons mourir,

Nul, n’est à l’abri de l’implacable couperet,

La main du boucher, brandie pour nous accueillir.

-

Un œil ouvert sur la lumière, l’autre sur l’obscurité,

Clin d’œil d’un destin  sur une méfiance de Dieu,

L’ombre de l’homme se fourvoie sur les sentiers

La terre nous ouvre la tombe pour unique lieu.

-

La bouche décousue au fil des propos tenus,

Les évidences tissées dans l’urne contradictoire,

Nous couronnons les reflets de vertu,

Le royaume est de cendre, fin de l’histoire.

-

Mon frère, à genoux, sur le vide de tout,

Triste regard de l’aigle sur le mouton qu’il fut

L’amour, il y croyait comme un fou,

Mais, en face,  seul, le silence lui a répondu.

Hommage à Aragon

Obsession d’un poème, en hommage à Aragon,

Un arrêt sur image, chauve qui peut, qui sourit

A cette spontanéité du regard, trouble profond,

Accroché aux cheveux  d’un poète qui se survit.

-

La sonorité de la rime coïncide avec le mot juste,

Bec cloué ouvrit sa gueule sur la cage de la réalité

L’oiseau blessé piaille sur les branches de l’arbuste

La mémoire déployant l’écho d’une plume froissée.

-

Sur les murs invisibles où les ombres fleurissent,

Le lièvre ailé se réfugia dans un terrier grimpant.

Pour celui qui confia à Elsa sa servitude créatrice,

Ses rimes courent à ses côtés, le cœur éperdument.

-

Traînant son chant de vie à la phrase de son vécu,

Sous la lune pâle, à la nuit mouillée des songes,

Jonglant  avec sa peur des mots, on l’a entendu !

Sa vérité arracha du silence la croix du mensonge.

L'homme possédé

N'es-tu pas être de la nuit

                Le fantôme qui me nuit,

                        L'ombre ailée du voyageur

                                    Qui, au regard de mon coeur

                                                            En décèle toutes les noirceurs.

 Liaison corrompue,

    Ami du démon,

      Tu offres à l'ingénu,

             Une infernale oraison,

                  Un chant ensorcelant les cieux,

                            Un homme libre, parmi les dieux.

-

Au jugement dernier,

          Mon amour profané

                      Qui, de l'âme intrépide

                                            En goûtera l'insipide

                  Bacchanale de ta volupté.

-

La magie noire rime,

De tes plaisirs, Satan, satyre

Tu n'en veux que jouir

De mes peines et martyrs

Tu m'en juges indigne,

Pour de la brûlante union

M'entendre alors te dire

En signe de croix et d'abandon,

Je vous haïme

 

Passion mortelle

J'écris comme je suis, mais vous êtes dans mes mots,
Belle oreille sensible à l'écho de mon monde intime,
Je pianote vers vous, ombre-clarté, éclosion d'une rime,
Sous vos délicieux traits, mes poèmes semblent beaux.

L'archangélique poète a brisé ses ailes blanches sur le miroir,
Celle qui fut aimée, un soir, sombra dans un grand désespoir,
L'espérance blessée voltige autour de l'impossible rencontre,
Mal de vivre, l’ombre souvenir plane autour d'elle, si contre.

Qu'est-ce qui retient sa présence à prendre plaisir à la torturer?
Nul ne le sait, la passion est un venin qu'il nous faudrait vomir,
Mais, ici, ne règnent que regrets, attirance d'une nature obstinée,
Allons, poétesse, affranchissez-vous- du reflet qui vous fait languir
!

Souffrir de trop aimer.

J'écris comme je suis, mais vous êtes dans mes mots,

Belle oreille sensible à l'écho de mon monde intime,

Je pianote vers vous, ombre-clarté, éclosion d'une rime

Sous vos délicieux traits, mes poèmes semblent beaux

-

Difficile d'écrire sur l'amour si l'on n'a pas souffert,

A croire que l'on aime souffrir de trop aimer

Notre sourire qui tremble dans un miroir brisé



Prendre le temps de se retourner, regarder en arrière,

Ces instants magiques tailladés dans des nuits chaudes,

Fibres d'un message, lancé comme bouteille à la mer,

Nous nous rêvions, inséparables, face au temps qui érode.

_


Que va trahir notre blessure, aujourd'hui, amère mélancolie,

L'oubli est un exil trop facile même si le soleil ouvre ses yeux,

Notre coeur abandonné se débat dans le silence de la survie,

Cruauté de la passion, fièvre d'orgueil, nous restons amoureux.

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